Évidemment, des élèves de CM1 ne peuvent qu’être traumatisés par le terrible sous-entendu dissimulé par la menace, assortie d’un cutter sorti d’un cartable, et adressée à un de leurs condisciples au comportement indécent, de « couper tout ce qui dépasse »! (1) On peut de ce fait s’étonner qu’un tel comportement de la part d’un professeur des écoles ne soit rapporté aux gendarmes que deux mois plus tard, si l‘on en croit la presse. Et on espère que l’exhibitionniste en herbe bénéficie d’un soutien psychologique… de même que ses condisciples, choqués par la violence latente de la scène.

Soyons sérieux : pour cette parole et ce geste malheureux, voilà un professeur suspendu depuis la fin novembre et récemment condamné à une amende avec sursis de 500 euros. Parole et geste malheureux ? Qu’aurait-il dû faire ? Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ? Dénoncer l’élève et déclencher une procédure médico-administrative au risque de stigmatiser durablement l’élève et, pourquoi pas, d’entraîner le signalement de sa famille ? Faire de l’humour était peut-être discutable, mais l’incident sembla clos… pendant deux mois.

Et aujourd’hui que l’indignation judiciaire s’éveille, qui est le plus traumatisé ? Sans doute le professeur. Garde à vue de 9 heures, suspension, comparution devant un tribunal, condamnation. Comment, alors qu’on a officiellement reconnu sa carrière jusque là irréprochable, aura-t-il désormais le désir d’enseigner ? Comment se retrouvera-t-il devant une classe ? Ce n’est pas seulement son avenir professionnel qui est en jeu… Quel gâchis !

(1) Notre collègue professeur des écoles à Liernais, en Côte d’Or, risquait trois ans de prison et 45.000 euros d’amende parce qu’au mois de Septembre dernier, il avait réprimandé l’un de ses élèves de CM1 qui ne cessait de baisser son pantalon. De guerre lasse, notre collègue avait montré un cutter au garçon en ajoutant qu’il allait couper tout ce qui dépasse.