Le 3 Février 2011, au lycée Jean Macé de Vitry-sur-Seine, plus d’une centaine de professeurs enseignant les Sciences et Techniques Industrielles (STI) étaient « invités », selon les termes du courrier qu’ils avaient reçu, à participer à un « stage » dans le cadre du dispositif « Plan d’animation 2010-2011, enseigner autrement en STI ». Une deuxième session était prévue le lendemain.

Ce stage était animé par trois inspecteurs de STI : Messieurs Claudio CIMELLI, Patrick LE PIVERT et Samuel VIOLLIN. Il avait pour but d’expliquer les enjeux de la rénovation des bacs STI, les objectifs de la réforme, la démarche pédagogique à mettre en œuvre dans les classes de STI2D et de donner des informations sur le plan de formation des collègues de STI2D qui à Créteil, au jour de la réunion, était loin d’être finalisé (quels professeurs y seront conviés, quels seront la nature, le calendrier, les lieux des formations… ?)

Premier fait déroutant : en réponse à une question posée sur les modalités du remboursement des frais de déplacement occasionnés par ce « stage » - pour lequel les professeurs avaient reçu « ordre de mission », ce qui, rappelons-le, a valeur impérative (il était du reste stipulé sur la « convocation/invitation » qu’ « en cas d’empêchement majeur de participer au stage, le professeur était invité à « retourner [sa] convocation avec le motif de [son] désistement ») - les inspecteurs ont fait remarquer qu’aucune feuille d’émargement ne circulait, ce qui signifiait qu’aucun frais de déplacement ne serait remboursé. Or la « convocation/invitation» reçue par chacun stipule : « Modalité de remboursement : remboursement en application du décret n°2006-781 du 3 juillet 2006 ». Surprenante contradiction.

Deuxième fait déroutant : les inspecteurs ont annoncé que certains stages se dérouleraient pendant les vacances scolaires, à coup sûr les trois derniers jours d’août. Ils ont justifié cette réduction de vacances par le fait que, puisque tous les professeurs consacrent une partie celles-ci à la préparation de leurs cours, et en général avant la rentrée, on peut légalement les « inviter » à ce type de stage. Nouvelle contradiction surprenante : quand les enseignants ont été exclus de la RTT, est-ce que ce ne fut pas parce qu’ils jouissaient de vacances particulièrement longues ? Selon les circonstances, elles semblent entièrement ou pas entièrement chômées…

Félicitons-nous tout de même, de voir enfin reconnu par notre hiérarchie, que nos nombreuses journées de vacances, qui justifient la modicité de nos traitements, ne sont pas toutes chômées. Cependant, ce type de comportement ne nous semble pas aller dans le sens du « Pacte Carrière » que notre ministre a envoyé à chaque enseignant en ce début d’année scolaire et où il s’engageait à nous « soutenir dans l’exercice de [notre] métier en développant une gestion des ressources humaines plus personnalisée, plus attentive à [nos] besoins et aspirations ».

Le Bureau National du CNGA CGC vous prie d’agréer, Monsieur le Recteur, l’expression de sa haute considération.

Le BN du CNGA CGC