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jeudi 14 mai 2009

Traumatisme

Évidemment, des élèves de CM1 ne peuvent qu’être traumatisés par le terrible sous-entendu dissimulé par la menace, assortie d’un cutter sorti d’un cartable, et adressée à un de leurs condisciples au comportement indécent, de « couper tout ce qui dépasse »! (1) On peut de ce fait s’étonner qu’un tel comportement de la part d’un professeur des écoles ne soit rapporté aux gendarmes que deux mois plus tard, si l‘on en croit la presse. Et on espère que l’exhibitionniste en herbe bénéficie d’un soutien psychologique… de même que ses condisciples, choqués par la violence latente de la scène.

Soyons sérieux : pour cette parole et ce geste malheureux, voilà un professeur suspendu depuis la fin novembre et récemment condamné à une amende avec sursis de 500 euros. Parole et geste malheureux ? Qu’aurait-il dû faire ? Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ? Dénoncer l’élève et déclencher une procédure médico-administrative au risque de stigmatiser durablement l’élève et, pourquoi pas, d’entraîner le signalement de sa famille ? Faire de l’humour était peut-être discutable, mais l’incident sembla clos… pendant deux mois.

Et aujourd’hui que l’indignation judiciaire s’éveille, qui est le plus traumatisé ? Sans doute le professeur. Garde à vue de 9 heures, suspension, comparution devant un tribunal, condamnation. Comment, alors qu’on a officiellement reconnu sa carrière jusque là irréprochable, aura-t-il désormais le désir d’enseigner ? Comment se retrouvera-t-il devant une classe ? Ce n’est pas seulement son avenir professionnel qui est en jeu… Quel gâchis !

(1) Notre collègue professeur des écoles à Liernais, en Côte d’Or, risquait trois ans de prison et 45.000 euros d’amende parce qu’au mois de Septembre dernier, il avait réprimandé l’un de ses élèves de CM1 qui ne cessait de baisser son pantalon. De guerre lasse, notre collègue avait montré un cutter au garçon en ajoutant qu’il allait couper tout ce qui dépasse.

vendredi 19 novembre 2004

Grandes lignes de la Loi d’Orientation sur l’Education

Ayant pris connaissance des propositions du Ministre de l’Education nationale pour la Loi d’orientation, le CNGA
• approuve la réhabilitation de la notion d’autorité de l’institution scolaire et de ceux qui l’incarnent, enseignants et non enseignants ;
• se félicite que le ministre reconnaisse la liberté pédagogique du professeur et l’efficacité du redoublement décidé par l’équipe pédagogique ;
• estime inadmissible le système de deux heures supplémentaires imposées pour assurer dans l’établissement des remplacements pour les absences de courte durée, proposition qui prouve la méconnaissance de ce que représentent la préparation et le déroulement d’un cours dans le second degré.

En ce qui concerne le volet pédagogique, le CNGA
• apprécie la priorité donnée à l’apprentissage du français dans le socle commun et le retour de l’importance de la culture générale humaniste et scientifique ;
• prend acte de la volonté de proposer l’enseignement d’une langue vivante – qui ne serait pas forcément l’anglais – dès le primaire, à condition que les finalités en soient claires ;
• approuve l’idée d’un socle commun minimal de connaissances à acquérir au collège et d’un « certificat » pour le vérifier, sous réserve que cela n’exclue pas des enseignements complémentaires diversifiés dès le collège correspondant aux talents de chacun ;
• regrette que l’objectif arbitraire de « 80% d’une classe d’âge au baccalauréat » n’ait pas été écarté, mais considère comme pertinents, même s’ils sont ambitieux, les deux objectifs mis en avant : 100% de qualification pour tous et 50% de diplômés dans l’enseignement supérieur.

Le CNGA propose pour le lycée depuis plusieurs années « un second cycle progressivement optionnel couronné par un Bac par matières » plus fiable que la proposition ministérielle qui laisse trop de place au contrôle continu ; ce qui n’empêche pas que chaque candidat ait un livret scolaire expliquant son parcours avec toutes les matières suivies.

Le CNGA est réservé sur la réforme du Brevet avec des épreuves par examen et le maintien d’autres par contrôle continu.

Le CNGA fera connaître ses propositions plus détaillées au Ministère.

mardi 9 septembre 2003

Faites ce que vous dites, Monsieur le Ministre !

Agréablement surpris par les déclarations de Luc Ferry lors de l’émission du 8 septembre 2003 sur FR2, le CNGA prend acte de sa volonté de :

• restaurer l’autorité des professeurs et de l’Ecole,

• redonner le pouvoir de décision à l’équipe pédagogique en matière de redoublement,

• réformer les conseils de discipline,

• lutter contre l’illettrisme dès l’école primaire,

• diversifier les parcours et développer l’alternance dès le collège pour remotiver les collégiens en échec scolaire et contribuer à lutter ainsi contre la violence…

Le CNGA espère que toutes ces bonnes intentions ne resteront pas lettre morte à cause de blocages corporatistes et/ou idéologiques.

lundi 12 août 2002

Outrage à enseignants

Le CNGA enregistre avec satisfaction les récentes prises de position des ministres de l’Education nationale visant à reconnaître enfin que l’autorité des enseignants, trop longtemps bafouée, est à la base de la relation pédagogique.

Néanmoins les récents amendements au projet de loi sur la Justice prévoyant des sanctions judiciaires pour « outrage » aux personnels de l’EN ne sauraient être la réponse première en cas de dérive comportementale des élèves. En effet, l’arsenal existant de punitions et de sanctions serait largement suffisant s’il était utilisé en interne, sans faiblesse et avec toute la diligence nécessaire, par l’ensemble des responsables du système éducatif. Laxisme et permissivité, loin de résoudre les problèmes d’incivilités et de violence, incitent au contraire les jeunes, en quête de repères, à franchir les limites à ne pas dépasser et à récidiver.

Cela dit, le recours à la justice s’avère nécessaire, en dernier recours, quand tout le reste a échoué, pour un petit nombre de mineurs réfractaires à toute sanction éducative.

Le CNGA souhaite que le projet définitif s’inspire de cet esprit.